Etre plus proche, allez plus loin
Le PDUIF doit faire face aux enjeux de mobilité tout en assurant la protection de l’environnement et de la santé, en tenant compte de la contrainte financière.
Aujourd’hui, en termes d’équité territoriale, les systèmes de transport desservent certains territoires de manière insuffisante alors même que la demande y est importante ; les zones les moins denses sont également moins bien irriguées par les transports collectifs en dépit des efforts financiers de la collectivité pour couvrir la plus grande partie de la région.
En termes d’attractivité économique, les phénomènes de congestion qui touchent tous les modes dégradent les conditions de vie et la qualité des espaces dans lesquels évoluent nos concitoyens, et pénalisent la productivité des entreprises.
Pour les personnes à mobilité réduite, les conditions de déplacement restent un frein à leur participation à la vie sociale.
Pour les publics défavorisés, les difficultés d’accès à la mobilité restent importantes. La hausse prévisible du prix des carburants pèsera sur les ménages les moins aisés qui vivent dans les secteurs les moins bien desservis par les transports collectifs.
Demain, il faudra faire face à la croissance attendue des déplacements, en particulier au cœur de l’agglomération et dans l’agglomération centrale. Cette croissance des déplacements a été estimée à 7 % d’ici 2020 compte tenu du développement urbain envisagé à cet horizon fondé sur les prévisions du projet de SDRIF.
Si les systèmes de transport permettent de répondre aux besoins de mobilité, il convient de veiller à minimiser leurs impacts sur l’environnement, la qualité de vie ou la santé, en particulier en ce qui concerne les transports routiers.
Les concentrations de certains polluants émis en proportion importante par les transports (oxydes d’azote et particules, notamment) sont largement au-dessus des valeurs à respecter, fixées par la réglementation française et européenne et leur déclinaison régionale (PRQA). En 2009, plus de 3 millions de Franciliens étaient exposés à un air qui ne respectait pas l’objectif de qualité en matière d’oxyde d’azote. Le trafic routier est responsable de 53% des émissions de ce polluant en Île-de-France.
La France s’est engagée au niveau national à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici à 2020. Ces objectifs s’imposent au PDUIF ; les progrès techniques importants dont bénéficieront les véhicules d’ici à 2020 ne suffiront pas à les atteindre.
On a constaté ces dernières années une nette amélioration en matière de sécurité routière sur les routes franciliennes. Cependant cette amélioration a surtout profité aux automobilistes mais trop peu aux usagers les plus vulnérables que sont les piétons, les cyclistes et les usagers des deux-roues motorisés. On déplore encore trop de blessés et de tués sur les routes franciliennes.
L’impact des transports sur la qualité de vie reste important, qu’il s’agisse de la consommation d’espace (infrastructures de transport, partage de l’espace public urbain), des nuisances sonores ou de la congestion.
En matière de transport de marchandises, un prolongement des tendances observées que ce soit en termes d’évolution des modes de déplacements ou de localisation des activités transport et logistique aurait des conséquences environnementales négatives.
Enfin, les dépenses consenties aujourd’hui pour les transports sont très importantes. Les besoins de financement pour répondre à l’ensemble des mesures à prendre sont immenses, alors même que les ressources accessibles se révèlent limitées. Ce constat ne doit pas pour autant encourager à l’immobilisme. Il doit en revanche inciter à rechercher l’efficience dans l’action publique.
Des objectifs ambitieux
Pour réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, le PDUIF vise à réduire de manière significative l’usage de la voiture, des deux-roues motorisés et des poids lourds et, par voie de conséquence, à accroître fortement l’usage des transports collectifs, des modes actifs – marche et vélo – et, pour les marchandises, l’usage de véhicules plus respectueux de l’environnement, de la voie d’eau et du fret ferroviaire.
Le PDUIF vise ainsi entre 2010 et 2020 :
Cette évolution se situera dans un contexte de croissance des déplacements de 7 % globalement sur l’Île-de-France. Ces objectifs supposent donc que la croissance du nombre de déplacements soit plus qu’absorbée par les transports collectifs et les modes actifs. Concernant l’usage des modes individuels motorisés, l’évolution visée par le PDUIF représente une nette rupture avec l’évolution tendancielle (hors mise en œuvre des mesures du PDUIF) qui aurait conduit à une croissance de ces déplacements d’environ 8 %.
La démarche d’évaluation stratégique environnementale a été au cœur de l’élaboration du projet de PDUIF. Elle a permis de faire évoluer les objectifs et les actions au fur et à mesure de l’avancement de la révision. Elle a montré que le PDUIF devait avoir une ambition forte pour contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les concentrations de polluants.