Etre plus proche, allez plus loin
Réellement prise en compte depuis 1992, la politique d’accessibilité se renforce grâce aux possibilités offertes par les technologies et la meilleure connaissance des besoins de la population concernée. La prise en compte de cette thématique est assurée transversalement aux activités du STIF. Avec l’appui de la Région Ile-de-France, la politique du STIF en faveur des personnes à mobilité réduite (PMR) porte sur la mise aux normes d’accessibilité du réseau de transports publics (gares, stations, points d’arrêt bus et matériel roulant), ainsi que sur le développement de transports spécialisés
La loi du 11 février 2005 sur "l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" a donné une impulsion nouvelle à l’intégration dans la société des personnes handicapées. Elle confirme et renforce les obligations du STIF en prévoyant différentes mesures à prendre visant à ce que "la chaîne du déplacement, qui comprend le cadre bâti, la voirie, les aménagements des espaces publics, les systèmes de transport et leur intermodalité, [soit] organisée pour permettre son accessibilité dans sa totalité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite" (article 45). La loi impose une accessibilité du réseau au plus tard pour février 2015 ; en outre l’échéancier des travaux ainsi que les engagements financiers doivent être détaillés dans un document cadre intitulé Schéma Directeur de l’Accessibilité (SDA).
L’adoption en février 2008 par le conseil du STIF du SDA (juillet 2009 pour son volet financier et de programmation) entérine l’importance accordée à ce dossier ; les efforts financiers et les moyens humains déployés pour mettre aux normes les réseaux de transports en Ile de France (ferrés et routiers) sont sans équivalents. Ils sont évalués à plus d’1,4 Md€ jusqu’en 2018 pour la mise aux normes du réseau ferré (travaux dans les gares) et à plus de 200 M€ pour celui du réseau routier (aménagement des points d’arrêts). Le STIF a décidé d’en prendre 50 % à sa charge, soit un effort global estimatif de plus de 800 M€. Ces couts ne prennent pas en compte celui du renouvellement du matériel roulant.
Les aménagements figurant dans la programmation de mise en accessibilité des gares d’Ile-de-France assurent un accès complet des personnes à mobilité réduite, de la voirie (abords de la gare) jusqu’au train. Un référentiel de préconisations techniques garantit un traitement homogène de la conception et de la réalisation de chaque projet, ainsi qu’un respect de la réglementation en vigueur. Ce référentiel précise notamment :
- les aménagements du parvis et des abords : éclairage, obstacle, revêtement du sol, largeur des accès…
- les conditions d’accès de plain-pied au bâtiment voyageur : longueur des cheminements, type de sol, pente douce, portes automatiques…
- le traitement du bâtiment voyageur : lisibilité des indications, accès des guichets et automates de vente, des toilettes…
- les possibilités d’accès aux quais : au moins un cheminement est traité, offrant notamment un passage spécifique des dispositifs de contrôle, des escaliers adaptés, un ascenseur ou monte-charge, une largeur de cheminement…
- l’aménagement des quais : largeur des cheminements, absence d’obstacle, bandes podo-tactiles d’éveil à la vigilance, espace d’attente avec sièges, hauteur adaptée au matériel roulant…
Les critères ayant guidé aux choix des 258 gares à rendre prioritairement accessibles ont été pour chaque ligne :
- la fréquentation ; gares qui sont les plus fréquentées et permettant avec les gares déjà accessibles de capter au global 90% du trafic RER et Transilien
- le maillage territoriale ; gares qui ne sont pas situées à proximité de gares déjà accessibles (2 gares en amont / 2 gares en aval)
- l’opportunité ; gares dans lesquelles peu de travaux sont nécessaires (gares déjà accessibles voirie-quai, gares où l’assistance quai-train est possible sans rehaussements de quais)
- l’intérêt particulier pour les PMR ; gares qui n’atteignent pas le critère de fréquentation mais qui représentent un intérêt particulier pour les PMR telles que les MDPH (maisons départementales des personnes handicapées), les CAT (centres d’aide par le travail)
A terme, les nouveaux matériels comme la NAT ou rénovés comme le MI-79 offriront, grâce à leur dispositifs de comble-lacune automatisé, une accessibilité en toute autonomie au train. En l’attente, dans les gares rendues accessibles de la voirie au train mais desservies par des matériels non renouvelés ou rénovés, il a été décidé de compléter les investissements par des services en gare offrant une accessibilité avec assistance de la voirie au train. Ces services existent déjà dans certaines gares du réseau francilien. Ils nécessitent une réservation préalable dans les gares SNCF et permettent de disposer en gare de départ et d’arrivée, d’un agent qui déploie une passerelle d’accès au train pour les usagers en fauteuil roulant. En 2008, 20 000 prises en charge ont été effectuées par les agents RATP sur le seul RER A.
La Région Ile de France compte environ 40 000 points d’arrêts. L’accessibilité des personnes handicapées aux réseaux de bus est conditionnée par leur aménagement. Assuré par les collectivités gestionnaires de la voirie concernée (communes, département, syndicats, EPCI…), il est financé à parts égales par le STIF et la Région Ile de France.
Le STIF finance en parallèle l’achat de nouveaux véhicules totalement accessibles. La quasi-totalité du parc de bus Paris et de la petite couronne est aujourd’hui accessible ; en grande couronne, environ 50 % du parc total de cars et bus est concerné. Progressivement, c’est la totalité du parc de l’Ile de France qui sera accessible.
Débutés en 2002, les efforts réalisés sur l’aménagement des points d’arrêts portent leurs fruits : fin 2010, l’ensemble des lignes du réseau parisien seront accessibles. Pour la grande couronne, une vingtaine de lignes pourra être déclarée accessible fin 2009.
Le SDA s’est fixé comme objectif la mise en accessibilité de l’ensemble des lignes de la petite couronne d’ici 2015 ; pour la grande couronne (les Départements du 95 - 78 - 91 et 77), ce sont les 450 lignes les plus stratégiques qui devront être rendues accessibles. Le choix de ces lignes s’effectue progressivement, en concertation avec les collectivités et les transporteurs. Cette démarche consultative a débuté début 2009 et devrait s’achever fin 2010, date à laquelle sera fixée la liste définitive des lignes retenues. Ces aménagements viennent compléter les opérations d’amélioration de la qualité de service relatives notamment à l’information sonore et visuelle des voyageurs (tant dans les véhicules qu’au niveau des points d’arrêts).
Le STIF prévoit de consacrer un peu plus de 100 M€ au seul aménagement des points d’arrêts d’ici 2015, pour un cout total estimatif de plus de 200 M€.