La Loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) fixe depuis 2000 une obligation légale pour l’autorité organisatrice (le STIF en Ile-de-France) de fournir sous la forme d’un compte « déplacements », les informations concernant les différentes pratiques de mobilité ainsi que leur coûts pour l’usager et la collectivité. Cet exercice ne se limite pas à l’usage des transports collectifs, mais englobe tous les modes de déplacements.
Il comptabilise les dépenses de fonctionnement et d’investissement liées aux voitures particulières et commerciales, aux transports collectifs urbains, aux taxis, à la voirie et à la police de la circulation. L’analyse du financement de cette dépense permet d’identifier la contribution des différents acteurs qu’il s’agisse des ménages, possesseurs et usagers de la voiture particulière ou utilisateurs de transports collectifs, des entreprises et administrations, des unités institutionnelles - Etat, Région, Départements, Communes, STIF -, des entreprises exploitantes.
Elaboré sous l’égide du STIF, il était réalisé jusqu’en 2001 par la RATP. Depuis, c’est le STIF qui le réalise en interne, avec l’appui d’un groupe technique représentant le Ministère des Transports, le Ministère de l’économie et des finances, la Direction Régionale de l’Equipement (DREIF), le Comité Français des Constructeurs Automobiles (CCFA), la Région Ile-de-France, l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement de la Région Ile-de-France (IAURIF), le Centre d’Etudes sur les Réseaux, les Transports, l’urbanisme et les Constructions Publiques (CERTU), les entreprises de transport (RATP, SNCF, OPTILE) et RFF.
La méthodologie générale reste celle qui, inspirée des comptes satellites préconisée par l’INSEE, a permis la préparation des premiers rapports. Chaque année, des aménagements lui sont toutefois apportés pour affiner certaines données et prendre en compte les améliorations de méthodologie.

Cette dépense est en baisse de 3,1 % par rapport à 2002. À l’origine de cette baisse, on trouve principalement la voiture particulière dont la dépense décroît de 5,6 %. Depuis 1981, l’augmentation moyenne annuelle de la dépense transports de voyageurs a été de 1,69 % en euros constants.

22,36 milliards d’euros pour les 55 milliards de voyageurs x kilomètres des usagers de l’automobile (y compris dépenses de voirie) :
6,84 milliards d’euros pour plus de 24 milliards de voyageurs x kilomètres effectués par les usagers des transports collectifs (y compris dépenses de voirie) :
Près de 90 % de la dépense totale est assurée par des financeurs privés (ménages, entreprises) ou assimilés (administrations). Les ménages, qui supportent 65 % de la dépense totale, consacrent 87 % de leur contribution à l’automobile.
Le compte déplacements de l’Ile-de-France permet aussi d’estimer le coût des nuisances liées aux déplacements de personnes, les coûts externes.
Une externalité est un effet d’un agent économique sur un autre qui ne donne pas lieu à une transaction marchande. Les déplacements de personnes engendrent des effets externes importants qui représentent pour la collectivité soit des avantages (accessibilité facilitée), soit une gêne (bruit, pollution, etc.).
Les nuisances liées au transport de personnes sont estimées à plus de 3,7 Md¤ en 2003.
Les coûts externes considérés dans le compte déplacements sont les suivants :
Le coûts des nuisances en 2003 :
| En M¤ | Bruit | Pollution | Effet de serre | Accidents |
|---|---|---|---|---|
| Coût dû aux transports individuels |
380
|
751
|
256
|
1355
|
| Coût dû aux transports collectifs |
125
|
37
|
10
|
81
|
Les transports individuels (voiture et deux roues motorisés), sont à l’origine de 93 % des coûts externes liés aux transports de voyageurs en Ile de France.